Et si j’arrêtais la pilule ?

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Ahhh, la pilule contraceptive. Par où commencer ? Pour celles qui ont atterri sur cette page sans avoir lu tous les articles dans lesquels je détaille mon histoire amour-haine avec la pilule et la façon dont je m’en suis débarrassée, je me permets un petit compte-rendu :

  • 18 ans : Première ordonnance pour Diane 35. J’ai 2-3 boutons et un cycle irrégulier (genre 1 cycle sur 3). Le médecin pense que Diane 35 est la meilleure pilule pour tuer 2 oiseaux avec une pierre (merci doc !). J’ai, accessoirement, un petit ami, alors bon, la pilule c’est bien pratique.
  • 20 ans : On se sépare avec mon petit ami. J’arrête la pilule.
  • 21 ans : 4 mois après avoir arrêté la pilule je suis défigurée d’acné. Je n’ai toujours pas eu mes règles. J’ai les cheveux qui tombent par poignées et des pellicules sur le cuir-chevelu.  Je suis déprimée, et je passe toute la fin de mon année de L3 à pleurer dans mon appart car j’ai trop honte de sortir avec mes amis. Un jour j’appelle ma gynéco, en larmes, pour lui expliquer cette crise. Elle me répond que la crise post-pilule est fictive, et elle m’envoie chercher des antibiotiques pour traiter ma peau.
  • 21 ans : 2 mois plus tard mes règles arrivent enfin. Je reprends Diane 35 illico.
  • 22 ans : Lors d’une visite de contrôle chez la gynéco, elle me parle d’une nouvelle pilule dont les Américaines raffolent. Elle s’appelle Jasmine. On l’essaye ? Euh, ok (je suis trop naive et trop impressionable pour lui poser des questions sur cette pilule. Je m’en vais sans prise de sang avec ma petite ordonnance, parée pour l’aventure).
  • 23 ans : Sous Jasmine depuis 10 mois, je sors du boulot avec une sensation de lourdeur dans le thorax. Le SMUR arrive chez moi. Electrocardiogramme sur le champ. Les résultats ne sont « pas strictement normaux ». On me transporte aux urgences. Je subis d’autres examens. Ne trouvant rien on me décharge dans la nuit. Je continue à prendre Jasmine.
  • 25 ans : J’ose enfin demander à la gynéco si elle ne peut pas me prescrire quelque chose de plus faible. Elle me prescrit Jasminelle (les memes composants que Jasmine mais au lieu d’être dosée à 0,03mg d’oestrogene synthétique on passe à 0,020mg).
  • 28 ans : J’en ai marre. Je commence à me sentir de plus en plus prisonnière de ces hormones. Je suis mortifiée à l’idée de l’arrêter en repensant à ma crise post-Diane. Par ailleurs, je commence à m’intéresser sérieusement à la nutrition, à changer mes produits d’entretien et à revoir ma façon d’envisager la santé… Je commence à passer mes soirées à lire tout ce que je trouve sur internet pour voir si quelqu’un a réussi à arrêter la pilule sans passer par cette crise affreuse que j’avais vécu. Rien ne me réconforte. Je fais de plus en plus d’insomnies, angoissée à l’idée de devoir prendre la pilule indéfiniment. On est fin 2011 et je tombe enfin sur un minuscule commentaire au fond d’un vieux forum santé Américain dans lequel une fille dit que sa soeur a réussi à éviter la crise d’acné post-pilule en se sevrant sur une période de 6 mois. Je suis intriguée. Je tombe ensuite sur l’article de Tracy du site The Love Vitamin, qui parle également du sevrage.
  • 29 ans : Janvier 2012, je franchis le pas. Je réduis le dosage de ma pilule graduellement sur une periode de 6 mois. Les 2 premiers mois je prends 3/4 d’un comprimé, ensuite 1/2, puis 1/4. Je termine mon sevrage, et mes règles reviennent 2 semaines plus tard. Ma peau est nickel. Tout mon sevrage est documenté en anglais dans le fil des commentaires de l’article de Tracy. Je suis libérée.
  • 30 ans : Un an plus tard, j’écris un premier article sur le sevrage que je publie sur ce site. Il fait un tapage. J’en écris un deuxième, pareil, et le troisième fait exploser le plafond. Moi qui pensais que mon histoire parlerait à 2-3 femmes au fin fond de la cambrousse, je me retrouve avec des centaines de mails, de commentaires de la part de femmes jeunes, moins jeunes, qui, comme moi, redoutent terriblement l’arrêt de pilule.

Je me doute que vous avez atterri ici parce que votre histoire ressemble à la mienne. Vous avez peut-être arrêté votre pilule du jour au lendemain et vous subissez peut-être la fameuse crise d’acné + pertes de cheveux + déprime… la joie quoi. Vous êtes peut-être en mode « je me renseigne sur les éventuels effets rebonds de l’arrêt de pilule » (bravo d’avoir anticipé la chose !). Ou peut-être que vous souhaitez arrêter la pilule et que vous avez entendu parler du sevrage (j’en profite pour dire merci à ceux et celles qui ont parlé de mes articles dans vos blogs, sur votre Instagram, et à la communauté de femmes exceptionnelles sur la page Facebook de Dearlobbies) mais que vous désirez en apprendre un peu plus ou échanger avec d’autres femmes qui ont vécu la même chose. Quelque soit la raison qui vous a amenée jusqu’ici, sachez que ce site est une mine d’or d’informations et un vrai terrain d’échange pour les femmes qui communiquent entre-elles dans le fil des commentaires des articles.

J’ai compilé ci-dessous tous les article qui traitent des hormones de synthèse et de l’arrêt de pilule. Bonne lecture :

  1. Comment arrêter cette daube de pilule sans passer par la crise de boutons et sans devenir une « crazy bitch » PART 1
  2. Comment arrêter cette daube de pilule PART 2
  3. Comment arrêter de prendre cette daube de pilule PART 3
  4. Guest post : Stéphanie a trouvé une solution naturelle à la crise d’acné post pilule
  5. Le cycle de la femme pour les nuls
  6.  Le paradoxe pilule-féminisme
  7. Guest post : Se sevrer d’une pilule triphasique est-ce possible ? Rosalie raconte son sevrage de Triafemi
  8. Guest post : Chloé s’est sevrée de Diane 35 avec succès

N’hésitez pas à poser vos questions aux unes et aux autres, ou à m’en poser si vous en avez. Petit disclaimer : je ne suis pas médecin, donc bon, hein, il va de soi que si vous rencontrez de graves difficultés hormonales vous devez consulter un professionnel de santé.

 

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