Acné et Pilule – Comment arrêter de prendre cette daube de pilule ? PART 3

Si vous n’avez pas encore lu PART 1 & PART 2 de ce post, je vous conseille de le faire avant de lire ce prochain article.

Pour faire court, après une première tentative il y a 9 ans, j’ai finalement arrêté ma pilule pour de bon l’an dernier (en juillet 2012). Lors de ma première tentative j’avais arrêté du jour au lendemain – j’avais suivi ma plaquette jusqu’au bout, puis, au lieu de reprendre la plaquette suivante j’avais laissé faire la nature (comme l’indiquait la notice). Sauf que tout cela s’était terminé par une aménorrhée de 6 mois, de l’acné à ne plus savoir quoi en faire, un état dépressif, et une grande solitude, car bien sûr aucun médecin ne voulait acquiescer le problème. J’avais fini par reprendre ma pilule, pensant devoir en être prisonnière à vie. Après ce malheureux incident je croyais ne jamais pouvoir arrêter la pilule un jour sans passer par la case « boutons ». Mais l’an dernier, après avoir effectué pas mal de recherches en ligne, j’ai trouvé une méthode plus douce pour arrêter les contraceptifs oraux sans avoir à subir tous les effets néfastes dus aux changements hormonaux brusques. Cette fois-ci je n’ai pas demandé conseil à ma gynéco ni à mon médecin traitant.

En l’espace de 6 mois j’ai graduellement réduit le dosage de la pilule. Pendant 2 mois j’ai pris 3/4 de la dose prescrite, pendant les 2 mois suivants j’ai pris 1/2 dose, et pendant les 2 derniers mois j’ai pris 1/4 de pilule. Chaque soir, au moment de prendre ma pilule, je coupais mes comprimés au cutter à papier, et je ne prenais que la dose souhaitée. Petit à petit je suis donc passée d’un comprimé entier à rien du tout.

Cette méthode s’est avérée très efficace. Je n’ai jamais souffert d’acné durant tout le temps du sevrage ni par la suite, et depuis j’ai retrouvé un cycle régulier. Pour plus d’info, lisez PART 1 & PART 2 de ce post. Ces deux derniers articles ont été rédigés après avoir constaté que nous étions nombreuses à avoir eu une mauvaise expérience suite à la discontinuation abrupte de la pilule.

Je suis, aujourd’hui, contre ce moyen de contraception, qui, a mon sens, n’est pas du tout – contrairement à ce que l’on prétend depuis des décennies – la solution féministe aux grossesses non désirées.

De nombreuses femmes m’ont contactée suite à la lecture de ces 2 derniers articles, me remerciant pour toutes ces infos et me demandant conseil. Je ne suis pas médecin, et je n’ai pas les qualifications nécessaires pour pouvoir donner des conseils thérapeutiques. En revanche, je crois qu’en matière de santé on n’est jamais mieux servi que par soi-même, et qu’à l’exception des conditions graves nécessitant une intervention médicale il est possible d’éviter les médicaments pharmaceutiques, notamment les contraceptifs oraux, prescrits à tout va.

On m’a beaucoup demandé si durant toute la période du « sevrage » et par la suite j’avais pris des compléments alimentaires ou « fait des choses » pour booster mon organisme et réduire les chances de refaire face à une crise d’acné. Voici donc quelques astuces pour vous aider dans votre aventure au naturel :

1- Mon petit nombril

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La pilule a tendance à tuer les bonnes bactéries dans l’intestin. J’ai donc investi dans un bon probiotique (on en trouve en pharmacie et dans les magasins bio). Je l’ai pris pendant les 6 mois de sevrage, et je fais des petites « cures » tous les quelques mois depuis que j’ai arrêté la pilule tout court. Des déséquilibres de la flore intestinale peuvent conduire à des mycoses à répétition, et à la malabsorption de nutriments essentiels au bien être de la peau, des cheveux, et des ongles. Le probiotique aide la flore à se reconstituer et permet une meilleure digestion et une meilleure absorption des nutriments. Pour celles qui disposent d’un peu plus de temps, le kéfir de lait ou de noix de coco est un excellent probiotique fait-maison. La choucroute fermentée crue est également une excellente source de bonnes bactéries.

2 – Les anti-inflammatoires

épinards

Durant tout le temps du sevrage et depuis que j’ai arrêté la pilule j’ai radicalement augmenté ma consommation de légumes à feuilles verts et de fruits et légumes colorés. Les légumes verts foncés sont une superbe source d’antioxydants. Les tomates, les carottes, les baies telles que les myrtilles et la canneberge sont très efficaces contre l’inflammation, et on sait tous que l’acné n’est autre qu’une inflammation de l’épiderme…

Et pour celles qui souhaitent retrouver leur cycle naturel en vue d’une grossesse, les épinards et les légumes à feuilles vertes contiennent plein d’acide folique, une vitamine nécessaire au bon développement du foetus, surtout en début de grossesse.

3 – Le curcuma

TurmericCette racine orange est bourrée d’antioxydants et elle est bien connue pour ses vertues guérissantes. On en trouve dans les épiceries exotiques et parfois en grande surface. Si vous ne parvenez pas à trouver de la racine de curcuma la poudre est presque toute aussi efficace pour réduire l’inflammation. Perso, je la saupoudre sur mes salades, riz, légumes – je l’ajoute à ma vinaigrette, bref, il y a plein de manières de l’inclure dans vos repas.

4 – Le bio

Label AB

On peut débattre midi à 14h sur les avantages et les désavantages de l’agriculture biologique, il n’empêche que les producteurs de produits animales bio n’utilisent pas d’hormones synthétiques ni d’antibiotiques pour soigner leurs animaux. Je conseille donc aux femmes souhaitant retrouver un équilibre hormonal d’éviter de consommer des produits animales (viande/lait/oeufs etc.) d’origine non-biologique car les substances utilisées pour traiter les animaux destinés à la consommation se retrouvent dans notre organisme et peuvent détraquer nos hormones.

5 – Adieu le sucre

no-sugar

Vous aimez le sucre ? Moi aussi ! C’est ma bête noire (ou blanche plutôt !). Mais cette cocaïne douce est un véritable poison et je recommande à toutes celles qui souhaitent retrouver leur cycle (surtout celles qui souffrent du syndrôme des ovaires polykystiques ou celles qui ont un cycle irrégulier) d’éviter à tout prix les aliments sucrés. Le sucre dans le sang a tendance a faire grimper les taux de testostérone, ce qui à son tour aggrave l’acné et peut provoquer des chutes de cheveux, de la pilosité faciale, et des kystes ovariens (rien que ça !), alors bon, il vaut mieux couper court au sucre.

Et j’ajouterai sous cette rubrique que cela ne sert à rien de couper le sucre si vous continuez à fumer comme des pompiers et à boire comme des trous. Utilisez votre bon sens et arrêtez tous ces poisons, et votre cycle et votre peau vous en remerciera !

6 – H 2 O

verre d'eau

Boire de l’eau permet au corps d’éliminer les toxines. Il vaut mieux boire de l’eau que des jus de fruits sucrés ou des sodas. Si possible, prenez de l’eau de bouteille, et faites en sorte que les bouteilles soient en verre. Le bisphénol A contenu dans les emballages en plastique est très mauvais pour le système endocrinien.

7 – N’en faites pas trop

visage

Arrêtez de vous laver le visage comme des malades ! Je sais comment ça se passe ! Vous avez la peau qui graisse, vous la savonnez avec un tas de produits décapants, et au bout de quelques heures vous recommencez. Ça, les filles, c’est la recette du désastre ! Plus vous allez vous laver la peau et la décaper, plus votre peau va se re-graisser. Je sais que vous n’avez pas envie de l’entendre mais il va falloir cesser d’utiliser des produits antiseptiques que votre peau.

Durant tout le temps du sevrage j’ai dit non au savon. J’ai opté pour la méthode la plus douce qui soit : de l’eau froide, un peu sur mon visage tous les matins, et basta ! Au début ma peau n’était pas habituée, car avant j’aimais bien me frotter le visage avec du savon, mais aujourd’hui je ne troquerais plus jamais ma routine beauté contre des soi-disant « nettoyants » – même « naturels ».

8 – L’huile de jojoba

Jojoba

Si vraiment vous n’arrivez pas à vous passer de crème du jour, faites une exception pour l’huile de jojoba. La composition moléculaire de cette huile est étonnamment proche de notre propre huile épidermique – le fameux sébum – et, petit astuce rigolo – quand vous utilisez cette huile les récepteurs nerveux pensent que c’est votre propre peau qui produit suffisamment de sébum. Du coup, le cerveau arrête de demander à votre peau de produire autant de graisse, et votre peau se régule naturellement ! Magique !

Perso, j’utilise une ou deux gouttes le matin sur mon visage et mon cou, et c’est tout. Le soir, il m’arrive de me démaquiller avec.

9 – ZZZZZZZzzzzzzz

dormir

Si on parle de « sevrage » c’est que vous êtes « dépendantes ». Votre corps s’est habitué à ingérer des hormones synthétiques, et à mesure que vous lui ôtez il va devoir apprendre à se « débrouiller tout seul ». Il faut vous ménager. Prenez le temps de vous reposer. Soyez à l’écoute de votre corps. Si vous êtes énervée, faites un « break » (mais ne prenez pas de kit-kat hein !), faites une sieste. Et essayez d’être disciplinée avec le sommeil (7h/nuit c’est l’idéal).

10 – Yes you can !!!

rando

Le sport aide le corps à se détoxifier. Les bienfaits du sport sur le cycle féminin sont innombrables. Même si vous n’aimez pas trop le sport, donnez vous des petits défis : un tour de quartier, 15 minutes de yoga, un aller-retour au marché en vélo plutôt qu’en voiture…

Perso, je ne suis pas une grande fan du sport, et étant mince naturellement je n’ai pas la motivation de celles qui souhaitent garder leur ligne ou perdre des kilos. Mais cette année je me suis obligée à aller à la piscine de temps en temps, et là je vais m’inscrire à 10 séances de Pilates, histoire de commencer en douceur ! C’est toujours un investissement de faire du sport en club, mais je me dis que c’est mieux de de fumer ou de claquer mon salaire dans des cocktails, et c’est plus motivant de le faire en groupe que de le faire toute seule !

11 – Le vitex/agnus-castus/herbe à gattilier/arbre de chasteté 

vitex

Tant d’appellations pour un seul et même produit, le vitex est une plante utilisée depuis le moyen âge pour traiter les troubles du cycle chez la femme. À l’époque on l’appelait « l’arbre de chasteté » car il aidait les curés ayant des penchants charnels à vaincre la tentation. Il est plus efficace quand il est pris à moyen-long terme. Personnellement, j’ai pris 400mg/jour pendant 1 an et j’ai trouvé ça génial. J’ai eu mes règles tous les mois (aux alentours de 28 jours), ce qui pour moi était inespérée (j’étais très mal réglée avant de prendre la pilule), et j’ai eu l’impression ne moins souffrir de syndrôme prémenstruel quand je le prenais.

Aujourd’hui je prends une capsule tous les quelques jours. Certaines femmes disent ne pas sentir les effets de ce complément, et d’autres ne jurent que par ça. Tout ce que je sais c’est qu’il s’agit d’une solution 100% naturelle et sans risque aux troubles du cycle. Le vitex agit sur le cerveau, aidant ainsi le corps à mieux réguler les quantités d’hormones qu’il produit. Ainsi, ce complément aidera une femme à produire plus de progestérone si elle n’en produit pas assez, et il en aidera une autre à produire moins de testostérone si elle en produit trop. En soi, le vitex ne contient aucune hormone. Contrairement au soja qui est oestrogénique, le vitex ne risque pas de détraquer vos hormones davantage car il n’en contient pas.

12 – La bardane

bardane

La bardane possède des vertus purifiantes. On peut la boire en tisane ou en décoction ou la prendre en capsules. Elle aide le corps à se purger des toxines. Elle est donc l’alliée des belles peaux. Il est conseillé de faire des cures régulières de bardane mais de ne pas en prendre tous les jours de l’année comme on peut le faire avec le vitex. Il n’est pas rare de faire une petite poussée d’acné au début de la cure, c’est la preuve que l’organisme se purge des toxines. Souvent cette crise d’acné ne dure pas.

Si la poussée d’acné persiste il serait peut-être temps de prendre rendez-vous chez un naturopathe. Normalement, les toxines sont censés passer par le foie et les reins, puis les intestins et la vessie avant d’être excrétées par le corps. Si ces organes sont trop toxiques ou « fainéants » c’est la peau qui prend le relai car il faut bien que le corps trouve un moyen de se débarrasser des poisons. La bardane agit sur les organes d’élimination afin d’ôter ce fardeau à l’épiderme. En général on voit rapidement les bienfaits de la bardane sur la peau. Personnellement, j’ai fait plusieurs cures l’an dernier pendant mon « sevrage », et à ma grande surprise je n’ai pas eu d’acné. Comme quoi ce n’est pas systématique.

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Bonne chance à toutes ! Laissez moi un commentaire pour me dire si ces infos vous ont été utiles…

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Acné et Pilule – Comment arrêter cette daube de pilule, PART 2

Ceux qui ont lu PART 1 de « Comment arrêter cette daube de pilule », savent que je déconseille fortement ce moyen de contraception. Ayant moi-même pris plusieurs pilules en l’espace de dix ans, et ayant déjà fait un malaise que je soupçonne d’avoir été lié à la prise de ce médicament, je pense être bien placée pour en parler. Pour résumer mon article précédent en quelques mots, j’ai décidé d’arrêter ma contraception en janvier dernier, et j’ai mis en place un système de « sevrage » pour réduire le dosage hormonal graduellement plutôt que de terminer ma plaquette d’un coup et d’attendre que mon cycle naturel reprenne son cours. J’ai fait ceci sans consulter ma gynéco ni mon médecin traitant, car j’étais persuadée qu’ils ne verraient pas cette méthode d’un oeil favorable, et puis parce que très franchement ils avaient perdu ma confiance. Cela faisait un moment que je voulais arrêter de prendre la pilule, mais j’avais eu une très mauvaise expérience en arrêtant Diane 35 en 2004 (aménorrhée pendant plus de 6 mois, acné à ne plus savoir quoi en faire, dépression, sauts d’humeur, crampes abdominales, pertes de cheveux, etc.) et il était hors de question de repasser par là. Donc, vous imaginez bien, dès que mes règles sont revenues, après 6 mois d’absence, j’ai sauté sur l’occasion pour reprendre la pilule, et je ne l’ai plus lâchée jusqu’en juillet 2012.

De janvier à juillet 2012, j’ai utilisé un simple cutter à papier pour couper mes comprimés de telle sorte à ne pas provoquer un changement hormonal brusque. De fait, pendant 2 mois, j’ai pris mes 21 jours de pilules comme d’habitude, sauf que je n’ai pas pris le comprimé en entier ; au lieu de prendre toute la dose, j’ai pris 3/4 du comprimé en respectant l’arrêt thérapeutique de 7 jours entre les plaquettes. Ensuite, pendant les 2 mois suivants, j’ai pris 1/2 du comprimé, puis 1/4 pendant deux mois, jusqu’à ce qu’il ne me reste plus rien à prendre. La bonne nouvelle est que cette fois-ci mon cycle est revenu tout de suite, et que je n’ai jamais souffert d’acné, ni durant le processus de « sevrage », ni par la suite. Aujourd’hui cela fait presque un an que je ne prends aucun contraceptif oral, et je revis. Voici donc le récit en détail:

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1- Pourquoi fait-on une crise d’acné après l’arrêt de la pilule ?

C’est marrant parce que j’ai l’impression que pour beaucoup de professionnels de santé cette crise d’acné qui suit l’arrêt du contraceptif oral n’existe pas. Alors, soit elle ne fait pas partie des symptômes reconnus, soit les spécialistes préfèrent la nier plutôt que d’avoir à l’expliquer. En tout cas, la crise d’acné que j’ai eu après avoir tenté d’arrêter Diane 35 il y a 9 ans était loin d’être fictive. Mes amies ont constaté qu’il y avait un vrai problème ; je perdais mes cheveux, je m’enfermais dans ma chambre pendant des heures sans vouloir voir personne, j’étais devenue sensible et tendue, et mon visage était recouvert de gros boutons – des kystes presque – rouges et douloureux, incrustés sous la peau. Ces symptômes ne peuvent être rattachés à quoi que ce soit en dehors de l’arrêt de ce médicament. J’étais heureuse, je venais d’obtenir ma licence, j’avais décroché un travail qui me plaisait… alors le coup de l’étudiante stressée, franchement non.

La décision d’arrêter Diane 35 a été prise un soir de novembre 2003. Je venais de rompre avec mon petit ami du moment, et je souhaitais tout simplement retrouver mon cycle naturel. J’ai donc en tout état de logique terminé la plaquette que je prenais, puis au lieu de reprendre la plaquette suivante, j’ai laissé la nature faire son oeuvre. Au bout d’un mois, pas de règles. Je ne m’inquiète pas, parce qu’avant de prendre la pilule j’avais des cycles irréguliers. Je me dis donc que ça va bien finir par se mettre en place. Sauf qu’au lieu de retrouver mon cycle, les mois passent, et mes règles ne viennent pas. Au bout de trois mois « au naturel », je commence à voir des rougeurs sur mon visage. Un par ici, un par là ; rien de bien méchant. Mais je remarque que ma peau devient grasse au toucher, et quand je passe mes doigts sur mon front il y a comme des grosses bosses douloureuses sous l’épiderme. Peu à peu les bosses deviennent énormes, et l’état de ma peau se détériore. J’appelle ma gynéco.

boutons

Au bout du fil je pleure. Je ne me reconnais plus. Je suis triste tout le temps. Je suis fatiguée. Je n’ai plus d’appétit, et plus envie de voir mes amis. Mes règles sont absentes, et je perds mes cheveux. Au secours ! Elle reste là un instant. « Ah bon ? » Me répond-elle, presque amusée de m’entendre raconter ces symptômes étranges. Elle n’a « jamais entendu parler » d’une telle réaction. Plus tard, en me documentant sur le web, je m’aperçois que ce cas de figure est très fréquent, notamment chez les femmes ayant pris soit Diane 35, soit d’autres pilules contenant des suppresseurs d’androgènes.

Alors, parlons un peu de Diane 35. Bien sûr, aujourd’hui cette pilule n’est plus vendue en France à cause du scandale qu’elle a provoquée en début d’année, mais parlons-en quand même. Tout d’abord, que contient Diane 35 ? Je n’ai pas besoin d’être un Prix Nobel pour lire une notice : cyprotérone acétate 2mg/ethinestradiol 0.035mg. Alors, qu’est ce que la cyprotérone, et qu’est ce que l’ethinestradiol ?

L’Ethin estradiol est une substance synthétique qui remplace l’hormone naturel « estradiol ». Pratiquement toutes les pilules contraceptives sur le marché en contiennent. 

La cyprotérone est un anti-androgène steroïdien. C’est à dire qu’il supprime les effets de la testostérone. Il est utilisé pour traiter certains cancers de la prostate chez l’homme, l’hirsutisme chez la femme, ainsi que pour traiter d’autres maladies en rapport avec la production excessive de testostérone. Fun fact, c’est également la cyprotérone que l’on utilise dans les cas de « castration chimique », utilisée pour diminuer les pulsions sexuelles chez les violeurs. Dans le cas de Diane 35, il est utilisé en tant que progestatif synthétique (l’autre composant des pilules contraceptives). Il est utilisé en tant que traitement contre l’acné chez la femme car il supprime la production d’androgènes, souvent responsables de l’acné et du syndrome des ovaires poly-kystiques. 

Bon, tout cela est bien joli, mais quel est le rapport entre ces composants et la crise d’acné qui suit leur arrêt brutale. J’ai du mal à comprendre. J’émets plusieurs hypothèses… le fait que le corps se retrouve à produire ses propres hormones après avoir été « au repos » pendant plusieurs années ? Je décide d’explorer cette piste, et je tape « cyprotérone » dans Google. Sur les sites en français, je trouve des informations sur ce composant, notamment le fait que mélangé à de l’ethin estradiol il aggrave le risque d’accident cardio-vasculaire, bon, là encore j’étais déjà au courant. Alors, je tape « cyproterone » en anglais, et je lis la pagé Wiki (ouais, je sais, Wiki quoi, mais bon, justement, Wiki quoi !) en anglais dédiée à ce composant, et là, bingo. Au milieu de la page il est écrit, sous l’entête « Withdrawal Effects », qui signifie en français « Sympômes de Sevrage », « abrupt withdrawal of cyproterone can be harmful », ce qui, traduit mot pour mot, équivaut à : « les symptômes de sevrage de la cyprotérone peuvent être nuisibles ». Je poursuis ma lecture.

comprimé

Il s’avèrerait que la cyprotérone rendrait dépendant. Première nouvelle. Paraît-il que le laboratoire qui fabrique ces pilules, à savoir Bayer Healthcare, préconise de ne pas interrompre la prise de ce médicament du jour au lendemain, mais de réduire le dosage progressivement. Ceci est applicable pour les traitements hautement dosés en cyprotérone, je pense aux traitements contre le cancer de la prostate etc., mais en ce qui concerne la pilule, on considère certainement que la dose est trop faible pour procéder à un sevrage progressif. De ce fait, lorsqu’une patiente souhaite (ou doit, pour des raisons médicales) arrêter de prendre cette pilule, le gynécologue lui dit de l’arrêter du jour au lendemain, sans – je suppose – se douter que cette discontinuation abrupte provoquera une pléthore de symptômes nuisibles, dont l’acné, car lorsque l’on cesse d’absorber de la cyprotérone, le corps, qui s’est habitué à ce substitut hormonal, se met à produire des androgènes en masse.

Ceci est, bien sûr, une explication très vulgarisée. Si vous souhaitez mentionner quelque chose que j’ai omis, n’hésitez pas à me laisser un commentaire en dessous. Enfin voilà, j’ai enfin réussi à comprendre pourquoi j’avais eu une grosse poussée d’acné lorsque j’avais arrêté Diane 35 du jour au lendemain, et à comprendre pourquoi personne ne m’a conseillé de réduire le dosage graduellement.

2- Mais alors, qu’en est-il des autres contraceptifs orales, car on sait que Diane 35 n’est plus commercialisée en France ?

Perso, après avoir pris Diane 35 pendant environ 5 ans (!!!), ma gynéco m’a prescrit Jasmine. Tout comme Diane 35, Jasmine contient un ingrédient anti-androgénique, à savoir la drospirénone. Mais, je vous entends me dire, qu’est ce que la drospirénone ?

La drospirénone est un progestatif synthétique utilisé dans les fameuses pilules contraceptives 4ème génération. Elle a des effets anti-androgéniques. Outre le fait que la drospirénone aggrave le risque d’accidents cardio-vasculaires chez ses utilisatrices de 600% par rapport aux femmes qui ne prennent aucun contraceptif oral, rien n’est indiqué quant au développement d’une éventuelle dépendance à ce médicament. Il est souvent utilisé avec l’ethin estradiol.

Rien de mieux qu’internet finalement pour trouver des renseignements. Alors, je me dirige vers des forums santé pour voire ce que les internautes ont à dire au sujet de Jasmine/Jasminelle, et notamment au sujet de l’acné qui suit l’arrêt de médicament. Et ça ne loupe pas ! En fait, vous êtes hyper nombreuses à souffrir d’acné après avoir arrêté cette pilule. Une internaute outrée dit, en à peu près ces termes : « je ne comprends pas, on m’a prescrit Jasmine pour traiter un dérèglement hormonal, ça devrait aller mieux une fois que je l’arrête ! ». Une autre souhaite repasser à une « pilule normale » car elle n’a plus de libido. Encore une autre a substitué Jasmine par Androcur, un médicament à base de cyprotérone… et vous voyez, le cercle vicieux repart.

En tout cas, j’ai bien vu que même les pilules qui ne contiennent pas de cyprotérone peuvent provoquer une crise d’acné quand on les interrompt brutalement. Certaines filles échappent à cette crise, et je suis très heureuse pour elles, mais malheureusement pour trop de filles l’arrêt de la pilule rime avec acné, déprime, solitude, incompréhension, et souvent reprise de pilule ou, pire, prise de médicaments anti-androgéniques telles que Androcur ou Spironolactone, ou des antibiotiques, qui ne sont que des bombes à retardement pour l’acné.

3- La Solution

La solution s’effectue en plusieurs temps. Tout d’abord, elle existe, et avant de se jeter corps et âme dans la spirale infernale pilule-arrêt-acné-médocs-acné-déprime-re-pilule, il faut s’arrêter un instant et s’instruire.

La première chose que j’ai compris en me documentant sur la pilule, c’est que personne, ni même les médecins, n’y connaît quoi que ce soit. Les médecins ne sont que les pantins des géants de l’industrie pharmaceutique. Ils ne sont pas plus informés que vous et moi. Finalement, les infos sont là pour celui ou celle qui veut les chercher, dans les ouvrages de médecine, sur internet, même vulgarisés sur Wiki les gars, alors pas d’excuse ! Donc voilà, la première chose à faire pour une personne qui veut arrêter la pilule et retrouver son cycle normal est de S’INSTRUIRE ! Tu es le maître de ton corps. Dans cette vie, tu n’as pas le contrôle sur la météo ou sur la situation économique du monde, mais bordel, tu as le contrôle sur ce que tu mets dans ton corps ! Ne laisse personne, ni les médecins, ni les médias te convaincre du contraire. Un bon choix est un choix informé, alors avant de gober les comprimés qu’on te prescrit, INFORME-TOI ! Que contient-ils ?  Est-ce que les ingrédients sont nocifs ?  Etc. Etc.

lecture

La deuxième étape consiste à élaborer une stratégie pour arrêter la pilule en douceur. Si tu prends un contraceptif oral depuis un moment, sache que ton corps s’y est certainement habitué, et que tu risques fortement de faire une crise d’acné si tu l’arrêtes brutalement.

Moi, j’ai décidé de réduire le dosage progressivement en diminuant la dose un petit peu plus chaque moi pendant 6 mois. Pour ce faire, je me suis munie d’un cutter à papier :

cutter à papier

d’une petite planche en bois que j’utilisais seulement pour couper mes pilules (je vous expliquerai pourquoi après) :

planche

d’un petit sac congélateur :

sac plastique

– Pendant les 2 premiers moi, j’ai pris ma planche en bois, j’ai placé mon petit comprimé dessus, et à l’aide de mon cutter à papier, j’ai coupé mon comprimé en 2. Ensuite, j’ai coupé un côté en deux, et j’ai mis un quart de la dose dans mon petit sac congélateur. J’ai avalé les 3/4 qui restaient sur la planche.

3/4

La raison pour laquelle j’ai mis le quart de pilule superflu dans le sac congélateur plutôt qu’à la poubelle est parce qu’il ne faut jamais jeter des médicaments contenant des hormones dans la poubelle ou l’évier. C’est très nocif pour l’environnement. Mieux vaut les conserver dans un sac plastique et ensuite les déposer dans une pharmacie, où ils sauront comment s’en débarrasser. Pareil pour la planche en bois ; les hormones que je libère en coupant mes comprimés sont nocifs, et je veux éviter de contaminer des aliments avec. Je me sers donc d’une planche en bois spéciale pour ma petite opération !

– Pendant les 2 mois suivants, j’ai fait la même chose, mais au lieu d’avaler 3/4 de pilule, j’avalais 1/2 du comprimé, et je plaçais l’autre moitié dans le sac en plastique.

– Pendant les 2 derniers mois, j’ai fait de même, mais j’e n’ai pris qu’un quart du comprimé, et j’ai placé le reste dans le sac.

4- Quelques mises en garde…

warning

J’ai choisi de ne pas informer ma gynéco et mon médecin traitant de ma stratégie. Bien sûr, je n’ai pas trop le droit de vous encourager à aller derrière le dos de votre professionnel de santé, donc voilà, si vous êtes suivis par quelqu’un de confiance, parlez-en avec lui, qui sait, peut-être vous encouragera-t-il à procéder ce cette manière.

Durant ces mois de sevrage, mes règles ont été un peu anarchiques. Elle arrivaient souvent une semaine trop tôt, et elles duraient plus longtemps que d’habitude. Parfois, elles étaient plus abondantes, et un peu plus douloureuses. Perso, j’ai un seuil de tolérance à la douleur assez élevé, donc pour moi cela n’a posé aucun problème, et puis, j’avais tellement envie d’en finir avec cette pilule que je n’en avais que faire. D’ailleurs, j’ai eu raison, parce que depuis que je ne prends plus de pilule du tout mon cycle s’est régularisé et tout est rentré dans l’ordre.

Ne pas prendre toute la dose = risque de grossesse. En ce qui me concerne, avant même de commencer à me « sevrer » de la pilule, mon compagnon et moi avons eu une discussion évaluant tous les risques possibles et imaginables. Nous avons décidé d’utiliser un autre moyen de contraception pour éviter les surprises, et nous avons parlé de la possibilité de tomber enceinte. Nous avons convenu que si cela arrivait, même sans que cela soit prévu ou souhaité, nous serions finalement très heureux. Donc voilà, pas de coups vicieux le dos de votre copain, les nénettes ! Et protégez-vous, parce que la pilule n’agit pas contre les MST !

Bon sevrage à celles qui veulent tenter le coup. Entre temps, j’ai vu ma gynéco, qui m’a confirmé que tout fonctionnait bien, et que j’avais le feu vert si je souhaitais mettre en route un petit bout de chou… affaire à suivre !

Bientôt, j’écrirai PART 3 de « Comment arrêter cette daube de pilule » pour vous donner la liste des compléments alimentaires et des changements nutritionnels que j’ai effectués pour aider à régulariser mon cycle… 

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