Nouveau post pour une nouvelle vie ☺️

CRISANDSEAN-1414

Coucou les loulous!

Aïe. Je vous ai abandonné(e)s, je sais, et pour ce je vous prie de bien vouloir me pardonner. Pour être tout à fait honnête je ne pensais pas que je pourrais rester aussi longtemps sans pondre un article, mais, croyez-moi, ma vie n’a jamais été aussi mouvementée.

Le dernier article un peu plus ‘perso’ que j’ai publié remonte à l’été 2014. Je vous expliquais à l’époque que je venais de vivre une rupture relationnelle super douloureuse, et que malgré la peine je reprenais peu à peu goût à la vie grâce à ma famille, à mes amis, et grâce aux plaisirs simples tels que les balades en forêt, les verres en terrasse, les câlins avec mes félins. Je venais d’emménager dans un nouvel appartement avec lesdits matous, et je commençais tout juste à me reconstruire après cinq ans de vie commune avec mon ex. Je vous disais en ce qui concernait l’avenir du blog que j’aspirais à plus de régularité, mais qu’en raison de mon boulot super prenant je vivrais ça un peu au jour le jour. Bon, et de fil en aiguille j’ai perdu la main.

En parallèle à cela ma vie personnelle a pris une tournure très inattendue. Quelques mois après ma rupture, un bon ami qui venait de vivre une déchirure amoureuse étrangement similaire à la mienne m’invitait à venir me changer les idées à quelques pas du Pacifique à San Diego aux Etats-Unis. J’ai accepté illico (les avantages du travail en free-lance!), et je suis allée me ressourcer dix jours au bord de l’eau. Smoothies verts, randonnées dans les canyons, couchers de soleil au guacamole, soirées passées à danser, à échanger avec des gens passionnés, fous-rires en voiture sur les autoroutes à six voies; rien de plus sympa pour se retaper une santé après un été un peu merdique. Oui, sauf que…

Le ‘destin’, on y croit ou on n’y croit pas. Chacun a sa propre conception de ce qui constitue la ‘magie’, et souvent l’aspect mystérieux d’une experience se perd totalement quand on essaye de la raconter dans des termes bassement matériaux. Je pourrais vous expliquer comment au bout de quatre jours sur place, à cohabiter dans la maison de mon ami comme si on s’était connus depuis des lustres; comment un matin, en plein petit-dej, entre le: « passe-moi le beurre, tu veux bien? », et le: « tiens, regarde ma marque d’oreiller en pleine face », on s’est dit: « mais en fait, il ne faut absolument plus qu’on se quitte ». On était tous les deux à vif suite à nos ruptures respectives, on était maigrichons, tristounets, et on s’était tous les deux jurés que les relations amoureuses étaient pour les « faibles », et que ce qu’il y avait de *vrai* dans la vie c’était le boulot, les amis, et la santé. Bon. J’ai donc débarqué chez lui sans trousse de maquillage, avec mes vieux pilous pour me recroqueviller sur mon petit oreiller dans la chambre d’amis, avec mes quinze bouquins et mon infusion à la camomille.

Comment vous dire…

Le cinquième jour, nageant en plein bonheur, la réalité nous rattrape enfin. « Ah oui c’est vrai, on vit sur deux continents différents… euh, on fait quoi maintenant? ». Lui ne parle pas français, et son boulot le retient en Californie. Moi, en revanche, je parle anglais, et mon boulot est une sorte de blague que j’entretiens férocement sous prétexte qu’en temps de crise on doit deja s’estimer heureux d’avoir un boulot tout court (je pourrais m’étendre longuement sur la relation un peu tumultueuse que j’entretenais avec mon boulot, mais ce n’est pas le propos de cet article). On finit donc par convenir que ce serait plus pratique pour moi de terminer mes contrats et de venir le rejoindre au US. J’estime en avoir pour à peu près six mois. Je pourrais donc arriver en février 2015.

Comment leur dire…

Ce qui est dingue, et plus j’y repense plus je me dis que c’est vraiment dingue, c’est le calme avec lequel on a pris toutes ces décisions franchement lourdes de conséquences; une nouvelle relation amoureuse, un déménagement international, une carrière professionnelle qui prend fin… c’est énorme, et pourtant, on est totalement sereins. Je sais au fond de moi, comme je ne l’ai jamais su jusqu’alors, que je fais le bon choix, pour moi, pour lui, pour mes pauvres petits chats qui commencent à péter les plombs à trois dans mon tout petit appartement, pour tous les membres de ma famille qui, je me dis, finiront par voir que tout ceci est un acte de sagesse et non pas un acte de folie.

Bon, ça c’est en théorie. En pratique ils ont tous un peu paniqué – ses parents, ma maman, nos amis… et comment leur en vouloir? – Il y a à peine quelques mois ils nous ramassaient à la petite cuillère, et on leur jurait, entre les filets de bave et les sanglots, que plus jamais on ne se laisserait prendre au piège de l’a-a-mour… Ma mère n’y comprend que-dalle. Ma meilleure amie tente de me raisonner en me rappelant que c’est statistiquement prouvé qu’il faut au moins la moitié du temps d’une relation déchue pour pouvoir s’en remettre, soit deux ans et demi pour une relation de cinq ans, et que même si ce mec était vraiment le bon, et beh il faudrait que j’attende au moins deux ans et demi avant d’entamer une relation avec lui car sinon je serais encore endeuillée et je trainerais mon bagage émotionnel dans cette nouvelle relation, et là ce serait la merde de chez merde parce que peut-être que j’aurais saboté ma seule et unique chance de connaître le vrai amour…

Entre temps, il me dit qu’il tient absolument à rencontrer ma famille. Il est venu passer dix jours avec moi en novembre, et il a rencontré les membres de ma famille immédiate, personne d’autre. Je n’en ai pas parlé à mes clients, j’en ai vaguement parlé à mes amis, et je n’ai surtout rien publié sur les réseaux sociaux, fermement convaincue que pour vivre heureux il fallait que nous vivions cachés, ou du moins en partie, ou du moins pour le moment. Dès que ma famille l’a rencontré toute la tension est redescendue. Ils ont su, comme moi je sais, et dès lors je n’ai eu que du soutien et de l’amour de leur part. Ma maman a proposé de prendre des deux minettes chez elle car elle a une grande maison avec un jardin, et mon ex a souhaité reprendre son cher matou, qui le suivait partout depuis le premier jour qu’il est arrivé émacié et errant sur le pas de notre porte. Bien sûr, j’ai pleuré à chaudes larmes de leur dire au revoir (même si je savais que je les reverrais). J’étais déchirée de devoir les laisser partir, mais tellement heureuse de les savoir plus heureux avec des personnes qu’ils connaissaient, et qui les aimaient.

J’ai donc pris l’avion le vendredi 13 février, on s’est fiancés le 1er mai 2015, et on a célébré notre mariage le 1er mai 1026, en France. C’est de loin la relation la plus simple que je n’ai jamais vécu. On est tout simplement les meilleurs amis et les meilleurs amants au monde. On a l’impression de s’être connus dans une autre vie. On se chamaille un peu quelques fois, mais on n’en vient jamais aux insultes, et on ne se fâche jamais pour des choses importantes telles que la confiance, la famille, l’argent, le sexe, le travail; en fait, on se respecte profondément, et on discute d’absolument tout. C’est la relation dont j’ai toujours rêvé, et elle est venue à un prix.

Quand il s’agit de donner des conseils en nutrition, ou sur le fameux ‘sevrage pilule’ je me sens complètement à l’aise. En ce qui concerne les histoires de coeur ou de vie personnelle c’est une toute autre affaire. J’ai commencé ce blog en 2012 dans le but de partager mes connaissances dans le domaine de la santé, et notamment dans le domaine des pratiques alternatives, mais je me suis toujours gardée d’en faire un site dédié au développement personnel. Mais plus ça va plus je me rends compte à quel point notre vie intérieure reflette notre vie extérieure, et même si on « plaque tout » pour « tout recommencer » dans le but de parvenir à un plus grand sentiment de bien être, c’est peine perdue si on est incapables d’opérer des changements fondamentaux au dedans de notre être.

Bien évidemment que ce serait mentir de vous dire qu’en quittant mon job, ma vie, et mon pays j’ai trouvé le bonheur. Suis-je heureuse? – Très. Serais-je heureuse en France? – Bien sûr. Est-ce facile de tout plaquer? – Pas du tout! La façon de vivre ici est très différente, et même si c’est agréable de côtoyer autant de personnes qui croquent la vie a pleine dents dès le réveil (dans l’ensemble les Californiens sont des optimistes invétérés, et c’est sûr que ça fait du bien après presque dix-huit ans en France où on a tendance à broyer du noir de façon collective), rien n’est jamais parfait. La misère existe ici aussi, même pire dans certains endroits car les Etats-Unis ont un gros gros problème de drogue. Et puis changer de pays c’est aussi perdre; certains amis m’on un peu tourné le dos, certains aspects de ma vie française me manquent terriblement, et certains jours j’ai le sentiment d’être une extra terrestre dans un monde où on ne pense qu’à la gratification immédiate et qu’aux plaisirs enfantins.

Conseillerais-je aux autres de tout quitter pour aller vivre à Bora Bora (ou en Californie dans mon cas)? – Bien sûr que non! – Mais pourquoi pas… Conseillerais-je aux autres de se fiancer au bout de quelques mois de relation amoureuse, et de se marier dans la foulée? – Bien sûr que non! – Mais là encore pourquoi pas… Et peut-être que c’est ça qui me répugne un peu dans la blogosphère; on essaye sans cesse de vendre notre propre style de vie comme si c’était un modèle à imiter. Ne m’y méprenez pas, je n’ai rien contre le fait de vouloir inspirer les autres; moi aussi j’aspire à cela par le biais de ce site, mais avant tout je crois que j’ai surtout envie d’entamer un dialogue…

Merci d’avoir lu jusqu’au bout, et merci d’avoir continué à lire, à commenter, et à échanger même quand moi j’étais en veille.

Je vous souhaite un excellent weekend, et un très beau mois de juillet!

C 💜

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