Un temps pour se battre et un temps pour rendre les armes

 

calme dans la ville

Il y a une expression en français qui dit que ‘la vie est mal faite’. On était sur le point de décrocher le job de nos rêves, et puis hop, on se casse une jambe. On venait d’économiser pour s’acheter une nouvelle voiture, et puis hop, une tempête arrache notre toiture et voilà nos économies parties en sucettes… On dit également qu’un malheur ‘n’arrive jamais seul’. Et si je m’en tiens à ma propre expérience, je dirais qu’il y a une certaine vérité là dedans aussi; on fait tomber notre sac de courses, les oeufs se cassent, le shampooing se répand partout, et on se rend compte juste à ce moment-là qu’on a paumé nos clés d’appart… vous voyez ce que je veux dire?

La vie est loin d’être simple. En juin dernier, mon fiancé et moi avons mis un terme à notre relation de 5 ans. J’ai eu l’impression que mon monde s’effondrait. Je ne comprenais pas comment on en était arrivés là. Je voyais tous les efforts que j’avais faits pour que cela marche entre nous – le sang, la sueur, l’huile de coude, les nuits blanches passées dans l’angoisse, les projets – et je me disais que putain bordel de merde, ça ne pouvais pas s’arrêter si brutalement. Pendant 4 jours et 4 nuits suivant la rupture, j’ai déambulé dans le jardin chez ma mère comme un zombie. Je ne pouvais plus manger, je ne pouvais plus dormir, et je ne savais même pas par quel bout j’allais commencer à récupérer l’amas de lambeaux qu’était devenue mon existence. Cinq ans, nom d’un chien, c’est long. On était tellement proches. On essayait même d’avoir un enfant. Mon coeur était en mille morceaux.

Avant la rupture, tous les mois je notais ma température basale corporelle pour repérer l’ovulation. Tous les mois je ne comprenais pas pourquoi mon cycle était détraqué. J’avais mes règles, mais je faisais toujours du spotting avant, parfois pendant 7 jours, et après consultation en mai la gynéco avait fini par me prescrire de la progestérone car elle soupçonnait un manque lié « au stress ». « Quel stress? » Je lui rétorquais. « Tout va bien! » J’avais beau essayer de me convaincre moi-même et de convaincre les autres que tout était en bonne voie, je sentais bien que mon organisme n’obtempérait pas. Quoi que je faisais, entre le 21ème et le 27ème jour du mois je saignais – du sang noir. J’ai pris des vitamines du groupe B, de la vitamine C, de la spiruline, des enzymes, de l’huile de foie de morue, du jus de radis, du coeur d’ananas; j’ai lu tous les forums grossesse et j’ai posé 15000 questions à droite et à gauche; j’ai TOUT fait pour que ma vie de couple se passe bien, et pour que mon organisme soit en pleine forme en vue d’un petit bout de chou, d’une maison écolo dans les bois – les 3 chats, le labrador brun, et tout va bien qui finit bien – et malgré tous mes efforts, TOUS les mois le phénomène se reproduisait. Et puis, un soir, on s’est séparés. Les raisons étaient nombreuses. Ça n’allait plus. Il fallait savoir tirer un trait sur ce qu’on avait commencé ensemble.

Deux semaines après la rupture, fin juin, alors que j’étais en plein déménagement, mes règles sont arrivées. Tiens, bizarre – 3 jours de spotting, et puis un cycle hyper normal. Hmm. Et puis arrive le mois de juillet, et pareil – 2 jours de spotting avant l’arrivée des règles (hyper normales également). Hmm… peut-être que tout ceci était bel et bien lié au stress que j’éprouvais dans cette relation… Et puis, je passe un mois d’aout super zen. Je me suis remise à faire du dessin et de la peinture, j’ai vu beaucoup d’amis, j’ai marché au bord de l’eau, j’ai câliné mes chats, j’ai tissé des liens magnifiques et vécu des purs moments de bonheur. J’ai retrouvé le goût de la vie, le goût des aliments, et tout doucement j’ai recommencé à m’apprécier. J’ai lâché prise sur tout ce que j’avais vécu de beau et de moins beau avec cette personne que j’ai aimé à un moment donné, et j’ai capitulé. Et voilà, un beau jour mes règles sont arrivées, sans aucun phénomène de spotting. Et au lieu de durer 10 jours, elles ont duré 4 jours.

La vie n’est pas mal faite. Il faut juste savoir lutter quand il le faut, et rendre les armes quand il le faut, et avoir suffisamment de discernement pour reconnaître la différence entre un combat qui vaut la peine d’être mené de front, et un désir vain. C’est tellement cliché de dire que quand une porte se ferme une ‘meilleure’ porte s’ouvre, et pourtant il n’y a rien de plus juste! Il y a 2 mois presque jour pour jour j’étais affalée sur un tapis de Pilates sous le prunier chez ma mère, en plein soleil, en larmes, en lambeaux. À un moment donné j’ai même dit: « je crois bien que je n’ai jamais rien vécu d’aussi dur » (c’est faux; j’ai vécu des choses plus difficiles dans ma vie, mais quand on souffre on n’arrive pas à se souvenir des douleurs passées). J’avais l’impression que je ne pourrais plus jamais aimer, plus jamais donner de ma personne, plus jamais apprécier la simplicité de la vie. Et pourtant, ces deux derniers mois ont été tellement formateurs pour moi dans tous les domaines. J’ai appris à faire confiance à la vie. Des portes se sont ouvertes depuis cette rupture que je ne pouvais même pas soupçonner ni espérer. Ma vie a pris un tournant tellement inattendu. Et je me sens totalement remplie de joie et de gratitude. Les amies, je sais que ça paraît nunuche, mais parfois il faut savoir poser ses armes pour atteindre l’homéostasie. Certains combats valent la peine d’être menés, et d’autres sont des luttes vides de sens. À nous d’être totalement honnêtes avec nous-mêmes et de savoir choisir nos combats.

Je pense notamment à toutes celles parmi vous qui ont l’impression d’être hyper vigilantes côté alimentation, qui font du sport, qui ont le sentiment de tout faire bien et qui voient pourtant leur acné persister. Le corps est mystérieux, et il faut savoir tendre l’oreille pour entendre et interpréter les signaux qu’il nous envoie. Y’a-t-il un combat que tu mènes auquel il faudrait que tu renonces? Y’a-t-il un désir au fond de ton coeur que tu étouffes parce que c’est plus facile de vivre cette vie de manière ‘conventionnelle’? Cherches-tu à plaire à tes parents au détriment de ton bonheur?  Sois honnête avec toi-même. Est-ce que tu es réellement bien dans ta vie? Y’a-t-il des énergies négatives autour de toi qu’il faudrait que tu chasses? Traines-tu des anciennes blessures de guerre encore purulentes? As-tu pardonné à cette personne qui t’a égratigné? As-tu demandé pardon d’avoir offusqué cette personne que tu appréciais?  As-tu enterré cette relation qui s’est terminé dans le sang et les larmes? On croit qu’en prenant des compléments alimentaires et en mangeant ‘clean’ on va parvenir à la guérison, et ce n’est pas totalement faux, mais si on vit en se compromettant on entrave tout autant notre rétablissement.

Voilà. Petite pensée du jour. Je suis débordante de gratitude pour la manière dont ce blog a explosé, et tous les messages que vous m’adressez. Et je tiens à demander pardon à celles à qui je n’ai pas encore pu répondre. Je vous le dit franchement, ma vie est encore un peu bordélique, mais l’ordre revient tout doucement. Je ne vous oublie pas! 😀

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