Ne pariez jamais que vous n’en mangerez qu’un…

Ahh, Granola ! Essayez de n’en manger qu’un, vous aurez du mal. Pourquoi donc, à votre avis ? Parce que c’est bon, me diriez-vous. Et oui, mais pourquoi ? Béh, parce qu’il y a du chocolat dedans, doh. D’accord, justement, tiens, il y’a quoi d’autre dans un biscuit Granola ? Euh, de la farine ? Oui, et quoi d’autre ? Euh, du sucre ? Oui, et quoi d’autre ? Euh, du beurre ? Rhoo, du beurre ! Franchement, dans un biscuit industriel, pfff, vous êtes un rookie ! Mais vous n’avez pas tout faux. Le biscuit Granola est bon parce qu’il est bourré de sucre, de graisses et enduit d’une couche de chocolat. Mais ce n’est pas tout. Je ne sais pas si c’est le cas pour les biscuits Granola en particulier (moi et Lu on s’connait pas, me permettrais pas), mais de nombreux fabricants de produits alimentaires, dont les fabricants de gâteaux, utilisent ce fameux exhausteur de goût versatile que l’on appelle glutamate monosodique, qui confère à leurs produits un doux goût rond de j’en redemande.

Glutamate monosodique… jamais entendu parler !

Le glutamate monosodique, mes amis, est un acide aminé que les fabricants alimentaires fourrent un peu partout, dans les gâteaux, biscuits, conserves, etc., pour que même après des semaines et des mois passés sur des étagères dans un supermarché, les petits gâteaux magiques soient toujours aussi appétissants. Mais… fun fact numéro 1… saviez-vous que c’est ce même acide aminé que l’on injecte aux rats de laboratoire quand on cherche à provoquer leur obésité ? Je parie que non.

Sacre bleu de Birmanie, on m’aurait donc menti !

Franchement, vous croyez quoi ? Que l’industrie alimentaire se souci de nos beaux yeux ? Bien sûr que non. Ce qui compte pour l’industrie alimentaire c’est faire du chiffre. Et savez-vous pourquoi le GMS est si important pour les fabricants de produits alimentaires industriels ? Et bien, parce qu’il rend accro, tout simplement. Enfin, c’est un peu plus complexe que cela, mais disons que lorsqu’on goûte un aliment qui contient du GMS, nos papilles aiment bien, et elles en redemandent, et on a envie de croquer dedans de nouveau.

Avouez qu’elle est cromimi la souris obèse ci-dessus (j’ai un faible pour les animaux dodus), mais n’allez pas imaginer qu’il n’existe pas de points communs entre elle et vous. Vous n’êtes peut-être pas obèse, mais on vous administre des doses de GMS à votre insu, tout comme cette souris de laboratoire. A chaque fois que vous mangez un gâteau industriel, ou des chips, ou du pain de mie industriel, ou des saucisses industrielles, ou de la soupe en carton, ou une boite de conserve, ou du fromage de supermarché, ou… enfin vous voyez où je veux en venir ; il y en a partout dans les produits industriels. Et le GMS est d’autant plus difficile à repérer qu’il porte beaucoup de noms. En effet, le glutamate monosodique est aussi appelé « arôme », ou « acide glutamique », ou « extrait de levure », ou « farine de soja », ou « protéines de soja », ou « carrageenan », ou « gélatine alimentaire », ou « huile hydrogénée », ou « extrait solide de lait », ou « levure autolysée », ou  » vitamine synthétique ». En réalité, ces appellations désignent souvent des composants qui contiennent du GMS plutôt que le GMS en lui-même, mais comme vous vous en doutez, ces ingrédients sont souvent écrits au dos du pot de sauce, en tous petits caractères, et même si on prenait le temps de lire la liste des ingrédients dans le rayon du supermarché, on n’en serait pas plus éclairés pour autant (vous y comprenez quelque chose, vous, en lisant les ingrédients au dos d’une boite de conserve ?).

Donc, il faudrait que j’achète bio ?

Là aussi, vous allez être déçus, car même les produits bio peuvent contenir du GMS s’ils sont en conserve ou en paquet.

Finalement, le meilleur moyen d’éviter de consommer du GMS ce serait d’éviter de consommer trop de produits industriels. Je sais qu’il est difficile de n’acheter que des produits frais, mais cela n’a jamais fait de mal à personne ne faire sa propre sauce tomate avec des vraies tomates de temps en temps. Je sais aussi que beaucoup de personnes travaillent, et n’ont pas forcément le temps ni l’envie de se préparer un plat « fait maison » après une grosse journée au bureau. En aucun cas, je ne voudrais dire aux uns et aux autres ce qu’ils faudrait qu’ils fassent, mais je trouve désolant que nous ne soyons pas plus informés de ce qui se trouve dans nos assiettes. Personnellement, j’évite les produits contenant du GMS si je peux, non pas parce que je crains de devenir obèse (ceux qui me connaissent sont entrain de rigoler), mais plutôt parce que je ne fais pas confiance à une industrie alimentaire qui met son compte en banque devant ma santé.

J’ai effectué quelques recherches sur le GMS, et les avis sont partagés. Les fabricants de produits alimentaires industriels diront qu’il n’y a aucune crainte à avoir au sujet du glutamate, que le syndrôme du restaurant chinois est dû à d’autres ingrédients que cet exhausteur de goût largement répandu aujourd’hui, et qu’il n’y a pas de mal à se faire du bien. Mais alors comment expliquer que c’est cette enzyme-là que l’on injecte aux animaux de laboratoire pour provoquer l’obésité ? La très célèbre Mayo Clinic a émis des réserves quant au GMS, expliquant qu’il pouvait être à l’origine d’inflammations du colon, de tension, d’AVC, et de prise de poids chez certaines personnes. Et le petit cocktail aspartame-GMS est pas mal lui aussi. En effet, l’association de ces deux substances toxiques provoque l’envie d’ingérer des glucides. Donc on voit bien comment les personne qui cherchent à éviter le syndrôme métabolique peuvent se sentir découragés après des mois et des mois de régimes restrictifs, car elles achètent des produits à zéro pour-cent de matière grasse, en pensant qu’elles font au mieux, mais elles consomment de grosses quantités d’aspartame et de GMS. Finalement, il vaudrait mieux manger un peu de tout, et des bonnes graisses en quantités modérées (huile d’olive, beurre, avocats, noix, noix de coco, etc.) et manger des fruits secs ou un carré de chocolat noir quand on a envie de se faire plaisir, plutôt que de se ruer sur des aliments industriels à zéro pour-cent de matière grasse.

Moi, je suis pour le fait de pouvoir faire un choix informé. Je sais que la dépendance au glutamate est certainement difficile à vaincre, et que le sevrage, pour ceux qui sont accros, doit être similaire à celui vécu par les personnes qui arrêtent de fumer (d’ailleurs, c’est marrant de constater que les personnes qui arrêtent le tabac substituent souvent avec des bonbons… bourrés de GMS… comme si la dépendance cherchait à être remplacée par une autre). La décision de renoncer au tabac est, certes, pénible pour un fumeur, mais il sait, à chaque fois qu’il fume une cigarette, qu’elle est nocive (même s’il choisit parfois d’oublier) ; il fait un choix informé, alors qu’une personne qui consomme beaucoup de produits alimentaires industriels ne sait pas que sa santé est en jeu.

Je dis souvent qu’il est impossible, aujourd’hui, de vivre en parfaite accord avec la nature. La vie moderne et ses caprices nous ont ôté la capacité à nous nourrir sainement de manière intuitive. Les médecins ne sont pas formés en nutrition, et ils se gardent bien d’établir des liens entre les maladies modernes et la qualité des aliments dans nos assiettes ; c’est intrusif de conseiller à quelqu’un d’éviter de manger ceci ou cela, et puis le labo a besoin de malades pour pouvoir vendre ses comprimés. « Pour notre santé », il nous est conseillé de « ne pas manger trop gras, ni trop sucré, ni trop salé », mais la pub montre une belle nana au ventre plat entrain de s’empiffrer de crème glacée en petite culotte, et Dieu sait que c’est bon un orgasme à la crème glacé… et puis merde, on ne vit qu’une fois, autant en profiter. Je suis complètement d’accord ; on ne vit qu’une fois, et il faut en profiter… pleinement. Et, justement, quand on mange de la vraie nourriture – des légumes, des fruits, des bonnes graisses, des produits animaux issus d’une agriculture éthique, de qualité, on en profite pleinement. Mais cela nous demande un peu plus de travail, car il faut préparer des plats avec des produits non transformés, et se documenter sur la provenance et la qualité de ce qu’on va mettre dans nos corps, apprendre à aimer des saveurs moins « faciles », et plus riches, expliquer aux enfants que le poisson qui se trouve dans la mer ne ressemble pas à un bâtonnet pané, varier les repas, et prendre le temps de manger en famille, ou avec des amis, et non pas devant un écran.

Que pensez-vous du glutamate monosodique ? Aviez-vous déjà entendu parler de cet additif ? 

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