Le phénomène « smoothies verts »

Smoothie vert à la mangue, aux épinards, et au lait d’amande

Dans la famille des smoothies, il y a le smoothie classique (banane-fraise/chocolat-crème glacée/manque-agrumes), et il y a le smoothie vert (oui, « vert » parce qu’il est vert, comme celui que vous voyez sur la photo). Le smoothie vert est au smoothie ce qu’est la Volkswagen Bugatti Veyron 16.4 aux voitures « normales » : c’est le top du top, le plus du plus, le meilleur du meilleur… enfin, je crois que vous avez compris. Le smoothie vert est, effectivement, super super bon pour votre santé. Pourquoi ? Parce qu’il vous permet d’ingérer des légumes verts crus sans trop vous en rendre compte. Le mélange fruits-légumes verts permet de présenter les légumes sous une forme appétissante (soyons honnêtes, qui a envie de s’enfiler une poignée d’épinards crus en plein milieu de l’après-midi ?).

L’idée est superbe. Je suis dégoûtée de ne pas l’avoir eu moi-même. J’imagine qu’un jour, il y a un mec, ou une nana (une nana, je vous dis, il n’y a qu’une meuf pour penser à ça, hahaha) qui s’est dit : « attends, au lieu de galérer à essayer de manger mes 5 fruits et légumes par jour, pourquoi ne pas tout passer au mixeur ? ». C’est génial, non ? Tout le monde sait qu’il faut manger au moins 5 fruits et légumes par jour. On l’entend partout… à la télé, à la radio, dans les pubs. C’est devenu pratiquement « politiquement correct » de manger ses « 5 ». C’est limite un phénomène de mode. Maintenant, dans les salons de thé, on propose des petites bouteilles de « smoothie » au design fashion. Je me marre bien quand-même, parce que le concept du smoothie c’est de boire des fruits frais, mixés. Or, la bouteille hermétiquement fermée, sucrée à souhait… mouais. Mais bon, j’imagine que ça donne bonne conscience aux pseudo écolos branchés. Argh, je ne juge pas. Chacun son truc. En tout cas moi je préfère me faire des vrais smoothies frais, non-sucrés, avec des fruits & légumes bio du coin (habiter en province c’est pas mal, ne serait-ce que pour ça). Soit dit en passant, je trouve que 5 fruits & légumes c’est vraiment très peu. L’idéal ce serait de manger 5 portions de fruits & légumes par repas !

Avant de vous donner des idées pour faire vos propres smoothies, voici quelques termes smoothisiennes, pour parfaire votre glossaire :

SMOOTHIE : Le smoothie est une boisson mixée, généralement à base de fruits, mais il existe d’autres « variantes » à base de lait, de chocolat, ou de légumes. L’adjectif « smooth » en anglais veut dire « lisse » ou « homogène » en français, mais en ce qui concerne les smoothies, je crois que je préfère le mot « velouté », car il décrit bien la texture obtenue quand on mélange tous les ingrédients d’un smoothie au mixeur. 

LIANT : Le liant c’est le liquide qui « lie » les ingrédients pour obtenir cette texture veloutée. Plus on en met, moins la boisson est épaisse. On peut utiliser de l’eau minérale, mais aussi du jus, du lait, du lait végétal, du thé glacé, etc. 

La différence entre un smoothie et un jus : Un jus (pur jus) de fruits ou de légumes est obtenu en pressant le fruit. Le jus de fruit ou de légume fait-maison est souvent obtenu grâce à une centrifugeuse. Quand on boit du jus, on boit le liquide contenu dans le fruit ou légume seulement ; les particules solides et fibreuses sont bloquées par les parois du panier perforé de la centrifugeuse, de fait, seul le liquide du fruit ou légume est recueilli.  À la différence du jus, le smoothie est obtenu en broyant le fruit ou le légume entier avec un liquide liant. Les particules solides et fibreuses sont conservées. Pour préparer des smoothies, il faut posséder un mixeur/blender électrique. 

Pour réussir son smoothie (selon moi), il faut inclure un fruit ou légume à la texture veloutée – banane, mangue, fraises, avocat… si vous ne mettez que des fruits fibreux comme des pommes ou des agrumes les particules plus lourdes risquent de tomber au fond du verre, et vous risquez d’avoir un mélange granuleux pas très sympa. Une fois, j’ai cru bien faire en mélangeant des myrtilles et des épinards avec de l’eau, mais le résultat n’était pas terrible, alors j’y ai rajouté une banane, et c’était tout de suite beaucoup plus appétissant. Donc voilà pour le petit conseil. Voici une idée de recette de smoothie vert. Mais essayez vos propres combinaisons fruits-légumes. Il y a tellement de possibilités !

Les légumes à feuilles vertes possèdent des vertus anti-inflammatoires et anti-oxydantes. Les personnes qui commencent à boire des smoothies verts régulièrement disent tous qu’ils se sent plus vifs et plus dynamiques. Les smoothies verts, consommés quotidiennement, aident la peau à se raffermir, et à devenir plus élastique. Ceux qui luttent contre l’acné trouveront également leur bonheur à boire des smoothies verts, car non seulement ils contiennent de la vitamine A, une vitamine nécessaire pour réduire l’excès de sébum, dont souffrent les personnes atteintes d’acné, mais ils aident l’organisme à se purifier de l’intérieur. Les fibres contenues dans les fruits et légumes favorisent le transit, ce qui permet au corps d’éliminer les toxines plus facilement sans qu’elle aient besoin de passer par l’épiderme. Vous me suivez ?

A mon sens, il est plus sain de consommer des smoothies à base de fruits que des jus de fruits. La raison étant que les jus ne contiennent pas les fibres qui aident à ralentir le pic glycémique. Quand on ingère un aliment sucré, le taux de sucre dans le sang augmente. Les fruits contiennent du sucre naturel appelé fructose, mais également des fibres, qui aident à réguler l’absorption du sucre, et donc à éviter l’hyperglycémie. Lorsqu’on boit un jus de fruits, on ingère du fructose, mais pas de fibres, donc le taux de sucre dans le sang augmente plus rapidement. La régulation de la glycémie est un phénomène complexe, et je n’en dirai pas plus dans cet article ; il convient juste de dire que pour les raisons que je viens de donner, il vaut mieux boire des smoothies que des jus de fruits. Si vous êtes sensible au sucre, doublez la quantité de légumes, c’est votre peau qui vous remerciera !

Recette smoothie vert à la mangue et aux épinards

Prenez :

1 tasse de jeunes pousses d’épinards

quelques tranches de concombre, avec la peau

1/2 mangue pelée

1 verre de lait d’amande

1/2 cuillère à café de miel de bruyère

1/2 cuillère à café huile de noix de coco (peut être remplacée par du ghee, ou de l’huile de sésame)

Mettez tous les ingrédients dans le mixeur, et broyez jusqu’à ce que le mélange soit homogène

C’est prêt !

Enjoy !

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Acheter bio quand on est pauvre…

Je suis pauvre. Pourtant, j’achète bio. Je sais, on vous a déjà raconté l’histoire du cheval qui était rare et cher. Et vous savez que l’agriculture biologique comparée à l’agriculture industrielle est plutôt rare, et donc vous vous doutez bien que plus c’est rare plus c’est cher. Hmm, il est un peu trop tôt pour les syllogismes, mais vous voyez ce que je veux dire ; le bio c’est cher, et ça c’est un fait.

On ne va pas revenir sur toutes les raisons qui obligent les agricultures biologiques à vendre leurs produits plus chers que les autres, et on ne va pas débattre sur la qualité des produits biologiques par rapport aux autres produits, parce que sinon on va y passer la nuit. Le bio ce n’est peut-être pas toujours parfait en termes de qualité, mais si c’est la perfection qu’on cherche… en ce monde pollué et corrompu… vous voyez où je veux en venir ? Dans le monde de Candide, chacun cultive son petit potager personnel, récupère l’eau de pluie, ne détruit jamais les aliments par la cuisson, suit un régime alcalinisant, n’utilise pas de téléphone portable car les ondes sont nuisibles ; dans le monde de Candide, le bio n’est pas un label, c’est un art, bref, moi j’aimerais vivre dans le monde de Candide, vraiment, mais je sais très bien que ce n’est pas possible aujourd’hui d’avoir une vie parfaitement saine. En revanche, je peux essayer de limiter les dégâts.

Quand je parle de produits bio, j’entends pas là des produits de bonne qualité, qui ne sont pas souillés par les pesticides et les hormones. Certains producteurs locaux n’ont pas les moyens d’investir dans le label « AB » mais leurs produits sont identiques d’un point de vue qualitatif. Le souci de cet article n’est pas de pinailler sur les tenants et les aboutissants du label AB et de ses critères, mais de donner quelques conseils pour pouvoir mieux choisir ses aliments même si on n’a pas trop les moyens. Rien ne vous empêche de parler avec votre marchand de fruits et légumes ou votre poissonnier ; posez-leur des questions, demandez-leur s’ils ont une charte à respecter, s’ils connaissent la provenance de leurs produits etc.

Toofruits – mon petit coin de paradis dans les Halles de Tours

Est-ce qu’il faut tout prendre bio ?

Non. Enfin, dans le monde de Candide peut-être, mais dans la vraie vie il n’est pas possible de tout prendre bio, à moins d’être le Baron de Rothschild. On peut se lamenter jusqu’à demain sur les inégalités dans le monde (et croyez-moi, j’adore le faire), mais en attendant il faut bien continuer à manger, non ? Et je ne sais pas vous, mais moi je n’ai pas envie de me nourrir n’importe comment. Je dois faire attention à mon portefeuille, oui, mais cela ne signifie pas que je dois me laisser aller et n’acheter que des produits industriels parce qu’ils sont moins chers. Mais j’ai conscience que je n’ai pas les moyens de tout acheter bio. Il faut faire des choix. Alors, j’ai décidé de procéder par élimination ; les produits « prioritaires » (de préférence bio, à moins qu’il soit impossible de faire autrement, i.e. c’est la fin du mois et on n’à plus un rond, ou c’est un jour férié et il n’y a rien d’autre sur les étagères et on crève la dalle, etc.) Voici ma devise anti-crise :

1 – Si le fruit ou légume ne peut être pelé, je le prends bio, sans aucune exception

Les fruits & légumes non-biologiques qui ne peuvent pas être pelés (blettes, salades, épinards, maïs, radis, fraises, framboises, etc.) sont exposés directement aux pesticides, herbicides, fongicides, engrais chimiques etc., et même après un lavage rigoureux au vinaigre, ils présentent des traces de ces substances. En les mangeant on ingère des petites quantités de ces produits hautement toxiques. Quand je dis « hautement toxiques », je ne rigole pas. Demandez aux agriculteurs ce qu’ils font pour éviter d’entrer en contact avec ces produits. Il n’y a qu’à observer les habits de ceux qui aspergent les champs pour se rendre compte du degré de nocivité des substances utilisées.

Marrant ça. Ce bonhomme est couvert de la tête aux pieds pour le protéger d’une substance qui est aspergé sur des aliments que nous mettons… hé oui, dans nos bouches. Cherchez l’erreur.

Je ne sais pas vous, mais moi je n’ai aucunement envie de polluer mon corps avec ces substances toxiques ; si le légume/fruit ne peut pas être pelé, il doit être issu de l’agriculture biologique, point. Tant pis si je n’en prends pas beaucoup, au moins je prends des produits de bonne qualité.

Les fruits et légumes qui peuvent être pelés (bananes, pommes, avocats, pommes de terre etc.) subissent les traitements chimiques, mais sont en quelque sorte protégés par leur peau. Idéalement il faudrait les prendre bio, mais si vous n’avez pas les moyens, pelez-les et lavez-les au vinaigre. C’est ce que je fais.

II – J’achète du lait bio et des oeufs bio

J’ai déjà écrit un article super-détaillé sur les produits laitiers sur beedizandboodiz.com, mais pour résumer, sachez que les produits laitiers non-biologiques sont bourrés d’hormones, d’anti-biotiques, et de pus. Je n’achète pas beaucoup de lait, mais si j’en prends il est hors de question d’acheter du lait non-bio.

Les oeufs non-biologiques sont pondus dans des cages étroites où les poules sont mal-traitées, mal-nourries, et apeurées. Acheter des oeufs non-biologiques c’est fermer les yeux sur la souffrance de ces animaux et en quelque sorte contribuer à la perpétration de celle-ci.

III – Quand je peux, j’achète de la viande bio

Tout le monde sait que la viande biologique est plus chère que la viande non-biologique. En ce qui me concerne, je ne mange pas beaucoup de viande, et donc quand j’en prends j’aime bien privilégier la qualité. Certains petits producteurs de bovins n’ont pas le label AB, mais nourrissent leurs bêtes avec de l’herbe (la viande d’une vache qui a été nourrie à l’herbe est très riche en omega 3). Faites un tour sur internet pour trouver votre producteur le plus proche. Souvent il faut commander une grande quantité (une demie bête, par exemple). Personne ne peut manger autant de viande en quelques jours, mais si vous vous mettez à plusieurs vous pourrez vous partager le morceau, et les frais (demandez qu’on vous le découpe), ou alors vous pouvez acheter une grande quantité et la congeler. Les prix sont souvent très avantageux, plus qu’on ne le pense, et la qualité est irréprochable.

N’oubliez pas que l’élevage intensif des animaux destinés à la consommation est un business cruel et glauque. Les animaux sont mal traités, terrorisés, entassés dans des boxes, nourris avec des farines chimiques, bourrés d’hormones de croissance et d’antibiotiques. Les pays occidentaux mangent énormément de viande, et à mon sens ils pourraient se passer d’en manger à tous les repas. Pourquoi ne pas privilégier la qualité et le sens éthique ? Les petits producteurs locaux ont souvent des moyens plus éthiques de tuer leurs bêtes, et puis si vous n’êtes pas convaincus, allez faire un tour dans une ferme locale. Posez toutes vos questions à l’éleveur. Assurez-vous de la qualité du produit et du traitement des bêtes avant de commander la viande.

Elevage intensif de poulets. Les animaux sont entassés les uns sur les autres, effrayés, malades parfois, agonisants parfois. Il n’y a là aucun respect pour la vie (ni pour la vie de l’animal, ni pour la vie du consommateur). Ces méthodes sont impropres et totalement indignes.

Depuis toujours, les fermiers ont fait paître leurs troupeaux dans des champs, à l’air frais. Aujourd’hui, la viande issue de l’élevage intensif provient de bêtes qui n’ont parfois jamais vu la lumière du jour. Et nous trouvons normal de consommer ces produits car nous ne voyons pas ce qui se passe réellement eu sein de ces élevages. Nous oublions qu’au de la de la souffrance que doivent endurer ces bêtes, la qualité de la viande issue de ces élevages est plus que médiocre. Comment imaginer qu’une bête qui a été nourrie avec des substances artificielles, qui n’a pas vu la lumière du jour de sa vie, et qui a été traitée contre un tas de maladies avec des antibiotiques dont les traces sont encore présents dans les filets qui atterrissent dans nos assiettes soit propre à la consommation ? C’est de la naïveté pure et dure.

IV – Je ne fais pas la difficile

Je profite des promos sur les produits bio. Les produits bio, du moins les fruits et légumes de saison, doivent être consommés rapidement, car ils ne sont pas traités avec des agents conservateurs. Si je vois une promo sur les cerises bio dans mon supermarché, je prends des cerises, si je vois une promo sur les aubergines, je prends des aubergines… vous voyez ce que je veux dire. Je ne fais pas la difficile, et en plus je mange des produits de saison !

Je profite également des offres « en gros ». Parfois les supermarchés font une promo sur des denrées non périssables telles que le riz ou le quinoa. A ce moment-là, j’en prends plusieurs car je sais qu’ils me dureront plus longtemps.

V – Je ne jure que par le savon noir pour nettoyer ma maison

A quoi ça sert de dépenser une fortune en produits ménagers toxiques quand on peut utiliser du savon noir naturel ?

Le savon noir est originaire du Maroc. Le vrai savon noir traditionnel Beldi est obtenu en mélangeant de l’huile d’olive avec des olives broyées et macérées dans du sel de la potasse.  Il est riche en vitamine E, et il est très doux. Dans les pays du Maghreb, il est utilisé dans les rituels du hammam. On peut également l’utiliser pour nettoyer la maison. Il n’est absolument pas toxique et si je le prends en magasin bio je suis sûre qu’il n’a pas été testé sur les animaux.

Je le trouve en magasin bio (mais aussi en supermarché – j’en ai trouvé il y a quelques mois dans un hypermarché). Une bouteille d’un litre me coûte 5 euros à tout casser, et je m’en sers pour nettoyer les sols, la baignoire, l’évier, les carreaux, etc.

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Il ya sûrement plein d’autres moyens de continuer à vivre sainement tout en faisant attention à l’argent, mais je vais m’arrêter là pour aujourd’hui. J’espère que vous avez trouvé ces quelques conseils utiles.

J’ai partagé ma « liste verte » avec vous. A votre tour de partager vos astuces pour vivre sainement tout en surveillant votre portefeuille…

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Weston A. Price : Une histoire à vous clouer le bec

Weston Andrew Valleau Price (1870-1948) était un dentiste originaire d’Ontario au Canada. Il est connu pour avoir parcouru le monde à la recherches de preuves scientifiques susceptibles d’étayer une théorie selon laquelle la nutrition moderne serait à l’origine de malformations et de maladies dégénératives. Il étudia les dentitions des civilisations primitives du Pérou, de Polynésie, de Nouvelle Zélande, des Îles gaéliques, d’Afrique, et j’en passe, et fut forcé de constater que les générations les plus anciennes, qui n’avaient pas accès aux produits « modernes » (farines raffinées, boites de conserve, confiseries, etc.) avaient tous des dents parfaitement droites, et ne présentaient presque jamais de caries. Il constata également que lorsqu’on introduisait des nourritures dites « modernes » (« white man’s food ») dans l’alimentation de ces populations, les malformations et les caries apparaissaient dès la première génération. Son oeuvre s’intitule Nutrition and Physical Degeneration et il fut publié chez Paul B. Hoeber, Inc en 1939.

Dites « cheese »…

En France on ne parle pas beaucoup de Weston A. Price, mais sur le web anglophone son nom est dans toutes les bouches (ha ha, je ris à ma propre blague). La fondation créée à son effigie : The Weston A. Price Foundation, promeut une sorte de « retour aux sources » affirmant ainsi qu’il est bon de manger les produits qui  proviennent des terroirs locales. Contrairement à ce que disent les nutritionnistes, les adeptes de la fondation Weston A. Price sont persuadés que nous sommes faits pour manger des produits animales en quantité importante, des produits laitiers, des oeufs et des fruits de mer, des fruits et légumes du terroir, bref, de la « vraie bouffe », à condition qu’elle ne soit pas traitée et pas modifiée (pas d’ajout d’hormones ni d’antibiotiques ni de pesticides, et pas de produits raffinés). Hmm, « intéressant », je me dis, et je parcours le web pour en savoir un peu plus sur le travail du fameux dentiste Price.

J’ai donc réussi à me procurer le bouquin de Price (j’ai trouvé une version électronique, gratuite. Vous pouvez la consulter aussi, mais elle est en anglais : http://journeytoforever.org/farm_library/price/pricetoc.html), et j’ai commencé à le dévorer. Voici une photo extraite du chapitre intitulé « Ancient Civilizations of Peru » :

Les 2 crânes que vous voyez dans les photos en haut de l’image étaient des crânes de pécheurs péruviens de la civilisation Chimú (civilisation précolombienne qui se développa entre l’an 1000 et l’an 1470 environ). Weston A. Price examina 1276 crânes en tout et ne trouva aucune difformité de la mâchoire. Ces populations avaient tous les dents parfaitement alignées.

C’est un peu ça le livre de Price ; une succession d’images qui vous laissent pantois. Price photographie des personnes vivantes aussi, des vieux et des moins vieux, des hommes, des femmes, et des enfants, et selon l’alimentation qu’ils ont reçu, leurs sourires diffèrent radicalement. Des personnes ayant reçu l’alimentation de leur propre terroir ne présentent aucune carie, et ont tous les dents super droites. Et ceux qui ont eu une alimentation même partiellement modernisée ont les dents en vrac, et présentent de nombreuses caries.

Le livre est facile à lire. Weston Price a choisi de diviser son oeuvre en chapitres dédiées aux populations qu’il a étudiées. Chaque population a droit à son chapitre. Bizarrement, toutes les populations primitives étudiées par Price présentent les mêmes dentitions droites, aussi bien les personnes originaires d’Afrique que les populations des Îles gaéliques que les fermiers suisses, et les personnes étudiées ayant eu accès aux nourritures dites « modernes » ont, pour la plupart, les dents cariées et ou des mâchoires déformées. Les faits sont là, et ils sont difficilement contestables.

Dans cette photo on voit quatre personnes originaires des Îles Samoa en Polynésie. Les personnes que vous voyez en haut ont suivi un régime traditionnel (poisson de mer, poulpe cru, racines fermentées, fruits et légumes cultivés sur l’île). Ils ont des dentitions parfaites et ne présentent aucune carie (ils n’utilisent jamais de brosse à dents). Les enfants que vous voyez en bas de l’image sont, selon Price, « modernisés ». Leurs parents habitent le port de l’Île de Tutuila, un endroit où il est facile de trouver de la nourriture importée (conserves, farines raffinées etc.). Les mâchoires de ces enfants sont trop étroites. Price établit un lien entre ces malformations et l’alimentation « modernisée » des parents.

Alors, info ou intox ?

En toute honnêteté, je ne sais pas. Les aventures de Weston A. Price sont relatées avec le romantisme qui accompagne toutes les histoires d’aventuriers-médecins du début du XXème siècle (je pense aux romans du type The Painted Veil). Bien sûr, l’histoire du Docteur Price est bien réelle, mais je ne peux m’empêcher de me demander si les conclusions que tire facilement Monsieur Price seraient scientifiquement recevables aujourd’hui. Les facteurs causaux des troubles constatés par Weston Price ne sont pas forcément évidentes à établir : le lien entre alimentation et problèmes dentaires semble évident, mais provient-il de la qualité des aliments introduits dans le régime des populations étudiées, à savoir des aliments raffinés, industriels etc., ou du fait même d’avoir introduit de nouveaux aliments dans le régime de ces populations qui avaient l’habitude de ne consommer que les produits de leur terroir ? Je suis persuadée que Price tenait là une problématique très intéressante, mais est-elle suffisante aux yeux de la science ?

Tous les dentistes sont formels : le sucre cause des caries, et le brossage régulier des dents permet d’éviter leur formation. Or, Price explique que les enfants étudiés n’ont, pour la plupart, jamais eu recours au brossage des dents. On pourrait donc supposer que ces enfants n’auraient pas eu les dents cariées s’ils s’étaient brossé les dents. Mais rien n’explique l’étroitesse des mâchoires. Même s’il serait sûrement nécessaire d’organiser de nouvelles études pour étayer la théorie de Weston A. Price, je suis assez convaincue, ne serait-ce qu’en voyant les photos. Je ne pense pas que Price avait quelque chose à gagner à démontrer ces faits. Au contraire, à quoi sert un dentiste si ce n’est qu’à soigner les caries et à fabriquer des appareils pour aligner les dents ? Une petite partie de moi (allez, une grande partie) a envie de crier aux sceptiques : « mais bordel, que vous faut-il de plus comme preuve pour établir le lien entre alimentation industrielle et dégâts de santé ? ».

Dans ces images, on voit le crâne d’un Aborigène d’Australie. Encore une fois, l’arche dentaire est parfaitement formée, et toutes les dents sont droites.

Si le sujet est aussi important, pourquoi personne n’a entendu parler de l’oeuvre de Price en France ? 

Là encore, il est difficile de savoir exactement pourquoi les travaux de Price sont si méconnus en France. Je n’ai pas réussi à trouver une traduction française de Nutrition and Physical Degeneration, donc j’en déduis qu’il n’a jamais été traduit en français. Ceci pourrait expliquer le silence qui entoure l’oeuvre. La recevabilité scientifique des résultats de l’expérience de Weston A. Price est certainement contestable, et il faudrait certainement effectuer de nouvelles recherches pour confirmer les dires de Price. La cynique en moi aurait également tendance à penser qu’il ne serait pas dans l’intérêt de l’industrie alimentaire d’étaler les résultats de l’enquête de Price aux yeux des consommateurs.

Les différentes civilisations étudiées par Price ne suivaient pas tous le même régime alimentaire ; les personnes vivant sur les Îles gaéliques consommaient essentiellement des galettes d’avoine, des produits laitiers, et des produits de la mer (poisson, crustacés, algues), alors que les Aborigènes d’Australie (ceux qui habitaient à l’intérieur des terres) vivaient d’insectes, d’oeufs d’oiseaux, de graines, de légumes à feuilles vertes etc. Le régime alimentaire traditionnel de ces deux peuples était totalement différent, pourtant, les anciens ont les mêmes dentitions droites et dépourvues de caries… 

Le point commun entre toutes ces populations est un régime alimentaire traditionnel qui ne laisse aucune place aux aliments industriels. Il semblerait donc qu’en dépit des différences de denrées de base, tous les peuples étudiés par Price trouvaient de quoi subvenir à leurs besoins nutritionnels grâce à des produits locaux simples ; viandes, poissons, crustacés, légumes à feuilles vertes, racines, graines, etc. Ce n’est qu’après l’introduction d’aliments industriels que ces peuples ont commencé à rencontrer des problèmes d’alignement dentaire et de caries.

Price ne s’arrête pas là. Il parle essentiellement des problèmes de dentition constatés lors de ses voyages à travers le monde, mais il en profite également pour photographier des fratries qui ont subi la modernisation alimentaire. On y voit les ainés, robustes, le visage bien formé, les dents bien droites, les traits bien dessinés, puis on voit leurs petits frères et leurs petites soeurs, qui ont des malformations (parfois légères, parfois graves), et cela va de mal en pire : les plus jeunes sont souvent les moins bien lotis. On constate que leurs dents ne sont pas bien alignés, parfois cariés. On constate également qu’ils ont des traits plus pincés, et dans certaines fratries les plus jeunes présentent des malformations aux pieds et aux mains.

Lorsque Price parle de nourritures industrielles il parle de farines raffinées, donc de pain blanc, de confiseries en tous genre. Il condamne la pauvreté nutritionnelle de ces aliments, et affirme qu’ils ne devraient pas faire partie de notre alimentation du tout. Price vante la sagesse des peuples qu’il a étudiés et qui, selon lui, avaient compris les avantages d’une vie paisible en communauté. Il invite tous ses lecteurs à prendre exemple sur ces civilisations, enseignant que, malgré le manque d’instruction littéraire et scientifique, ces populations savaient que pour produire des enfants robustes il faudrait nourrir les jeunes femmes et les jeunes hommes intensivement avant le mariage et entre les grossesses. Price explique que beaucoup de ces civilisations soi-disant « primitives » avaient très bien compris qu’entre chaque naissance il faudrait respecter une période d’abstinence pour permettre à la mère de retrouver la santé physique. Pour produire des enfants en bonne santé, nombreux de ces peuples exigeaient des jeunes hommes en âge se procréer qu’ils suivent également un régime alimentaire riche ; le souci de procréer n’était pas laissé entièrement à la femme, puisque dans beaucoup de villages, les hommes les plus forts prenaient personnellement à coeur de rapporter des aliments riches en nutriments aux femmes enceintes et allaitantes. Je trouve quelque peu ironique que le monde occidental utilise le terme « machisme » pour définir des civilisations qui avaient un mode de fonctionnement tout à fait respectable.

Une habitante des Îles Fidji, qui tient dans sa main un crabe-homar. Ce crabe est considéré comme ayant une valeur nutritionnelle très riche. On en donne aux femmes enceintes et allaitantes.

Pour plus d’info sur Weston A. Price, allez sur http://www.westonaprice.org.

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Le miel de Manuka : le petit secret beauté des femmes (et des hommes) pas du tout Barbara Gould

Regardez ce miel. Ce que j’aime le plus chez lui, c’est son parfum, sa texture, ses propriétés anti-bactérielles, antiseptiques, anti-inflammatoires, cicatrisantes, et sa capacité à transformer une femme Barbara Gould en une femme Manuuuka ! Oui, mes amis, parce que ce miel n’est pas n’importe quel miel, oh non. Ce miel est un pur produit de la campagne néo-zélandaise, là où les abeilles butinent ce petit arbuste robuste qui s’appelle Leptospermum Scoparium, autrement connu sous le nom de Manuka.

Des recherches effectuées récemment à l’Université de Waikato ont prouvé que face aux propriétés super-puissantes du miel de Manuka, des bactéries multi-résistantes telles que le staphylocoque doré et l’entérocoque n’avaient aucune chance. Ce que cela signifie pour vous et moi ? Et bien, ce que cela signifie pour vous et moi c’est qu’au lieu d’aller dépenser une fortunes dans des soins dermatologiques peu-efficaces, ce petit pot de miel pourrait bien être la solution miracle pour tous ceux qui souffrent d’acné, de rosace, d’eczéma, de boutons de fièvre, de brûlures, de psoriasis, de cloques, de peau sèche, de dermatite, et j’en passe. Pourquoi ? Parce que le miel de Manuka contient des propriétés qui permettent à la fois de combattre ces troubles et d’aider la peau à cicatriser.

J’en veux ! Comment je fais pour m’en procurer ?

Attention, il faut savoir que certains miels de Manuka sont plus puissants que d’autres, et le seul moyen de vérifier la potence du miel est de vérifier le label UMF sur le pot. Le sigle UMF signifie Unique Manuka Factor et il renvoie à un système de mesure qui permet d’évaluer la potence du miel. La teneur en UMF varie d’un miel à l’autre. Un miel qui mesure 10 sur l’échelle UMF est considéré comme étant modérément puissant, et un miel qui mesure 16 ou plus est considéré comme étant très puissant. Et comme vous pouvez vous en douter, plus c’est puissant plus c’est cher. Mais comparé avec la plupart des produits de beauté industriels que l’on trouve en pharmacie, le miel de Manuka reste abordable. Faites un tour sur Amazon, ou demandez dans votre magasin bio le plus proche, ou, encore mieux, demandez à des amis s’ils peuvent vous en rapporter de l’étranger (bizarrement le miel de Manuka est moins cher en Angleterre.

Mon frère et sa chérie m’ont rapporté un pot d’Australie (sympa hein !), et il mesure 5 sur l’échelle UMF (donc à priori plutôt faible). La semaine dernière une amie à moi est restée à la maison, et un soir elle s’est plainte de l’apparition d’un bouton. Je je lui ai conseillé de badigeonner la zone enflammé avec le miel et de laisser poser toute la nuit, et le lendemain son bouton avait totalement disparu… donc même faiblement dosé, le miel Manuka est clairement efficace contre les problèmes de peau.

Mais, euh, ça se mange le miel de Manuka ?

Oui, duh ! Hahaha. Rien ne vous empêche d’en manger aussi ! Vous pouvez en prendre jusqu’à 2 cuillères à soupe par jour pour combattre un rhume ou la grippe, ou même un ulcère de l’estomac. Mais n’oubliez pas que le miel possède le même indice glycémique que le sucre blanc, donc allez-y mollo quand-même !

Et si je veux l’utiliser pour me nettoyer le visage, je fais comment ?

Rien de plus facile, mais il faut disposer d’une trentaine de minutes et d’une cuillère à café. Le matin, au réveil, lavez-vous bien les mains, mais pas le visage. Si vous avez les cheveux longs, attachez-les pour ne pas qu’ils deviennent collants. Plongez la cuillère à café dans le pot de miel, et à l’aide de vos doigts, appliquez une cuillerée de miel sur votre visage en une couche homogène. Cela ne sert à rien d’en mettre trop, car le miel est liquide et il va juste finir par dégouliner sur vos vêtements. Laissez poser pendant à peu près 30 minutes (pendant ce temps, prenez votre petit déjeuner etc.), puis rincer abondamment avec de l’eau tiède (en général, moi je prends ma douche après avoir laissé le masque poser pendant 30 minutes, et j’en profite pour rincer mon visage sous la douche).

Surtout, et j’insiste sur ce point, cela ne sert à rien d’utiliser du miel Manuka sur votre visage si, dès que vous avez rincé votre peau, vous tartinez une grosse couche de crème hydratante industrielle ou de fond de teint sur votre peau. Il faut laisser votre peau respirer au moins 10 minutes, et si vous devez hydrater votre peau, utilisez plutôt de l’huile de jojoba (certaines personnes ne jurent que par l’huile de noix de coco, mais l’huile de jojoba est plus proche chimiquement de notre propre « huile » dermatologique, donc moins comédogène).

Si vous avez déjà utilisé le miel Manuka intérieurement ou en guise de soin de beauté, laissez un commentaire, et dites-moi ce que vous en pensez…

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